vendredi, novembre 19, 2004

Si vous souhaitez de plus amples informations concernant les Droits de l'Enfant face aux dérives sectaires reportez vous au seul et unique site dans le monde traitant de ce sujet de manière exhaustive pour la France:

Mission Interministèrielle siègeant auprés du Premier Ministre français www.miviludes.org
cliquez sur le rapport 2003 (vous pouvez le décharger dans son intégralité au format PDF)

Rappellons que le seul Defenseur des Droits de l'Enfant dans le monde ayant denonce les exactions sectaires est le Defenseur des Mineurs de la Communaute autonome de Madrid en Espagne www.dmenor-mad.es

Vous pourrez aussi trouvez quelques articles sur les sites d'informations www.geocities.com/hemerosectas et www.prevensectes.com

Pour les parents d'enfants soumis contre leur gre, les systemes judiciaires de l'Union Europeenne n'offrent pas toujours la bienveillance necessaire au respect des Droits de l'Homme -ONU, et 1789- et applique rarement la Convention Internationale des Droits de l' Enfant -CIDE ONU NYC 1989-

Pour une utilisitation therapeutique du droit, en France il existe des lois, helas bien peu souvent appliqueesn par les juges a l'encontre des organismes sectaires (cf: article de France soir du 14 janvier 2005)

Article 371-1 du Code civil : l'autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l'intérêt de l'enfant pour le protéger dans sa sécurité sa santé et sa moralité. Pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne.


-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Comment les sectes se moquent de la Convention Internationale des Droits de l'Enfant

CIDE

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Extraits tirés de la revue 'Lien social' No 386 (1)
Site qui publie http://membres.lycos.fr/dreamlan/enfantsecte.html

Isolés, conditionnés, brutalisés, violentés, voire assassinés, les jeunes 'adeptes' doivent effacer leur passé, se détourner des mythes familiaux, n'avoir plus de racine. Le texte qui devrait protéger l'enfance est bafoué, article par article. Explications.

Les sectes tuent

Les sectes tuent et les enfants sont, comme toujours, les plus exposés. La plupart des pays - y compris les plus attachés aux droits de l'Homme - ne se mobilisent guère pour que la Convention Internationale des droits de l'Enfant puisse aussi s'appliquer à l'intérieur des sectes. En effet, il suffit de confronter les différents articles de la Convention aux pratiques de telle ou telle secte, pour constater que le droit est spectaculairement bafoué. L'article 2 stipule que l'enfant doit être protégé contre toute forme de discrimination motivée par les convictions de ses parents, l'article 3 lui assure la protection et les soins nécessaires. L'article 7 préconise la préservation de l'unité familale autour de l'enfant. Or, la véritable famille n'est plus la famille naturelle, adoptive ou nourricière, mais la secte, le gourou devenant alors la seule référence parentale autorisée.
Ainsi conditionné dès son plus jeune âge, l'enfant évoluera dans un monde où la notion de père et de mère n'a pas de sens, quand il n'est pas carrément séparé de ses parents dès sa naissance, comme chez les scientologues, qui préfèrent le confier à une 'nanni' jusqu'à 12 ans, laquelle lui inculquera les préceptes de 'l'église'.
L'article 9 de la Convention prévoit que si une séparation des parents survient, l'enfant puisse avoir des relations régulières avec l'un et l'autre. Or, c'est le contraire qui prévaut lorsque l'un des conjoints n'est pas adepte de la secte ou s'en détache. Ainsi, dans une situation semblable, les témoins de Jehovah 'diabolisent' le conjoint 'opposé' et développent un sentiment de méfiance chez l'enfant. cette suspicion de la secte envers la famille est en fait l'un des gages de sa survie et elle en a fait une doctrine, conditionnant ses adeptes à cesser toute relation, à effacer le passé, à se détourner des mythes familiaux, à n'avoir plus de racines...

Les privations semblent le lot commun

Que dire également du sort fait à l'article 19 qui protège l'enfant contre toute forme de violence, d'atteinte ou de brutalités physiques ou mentales, y compris violences sexuelles ?... Et de l'article 31 qui affirme le droit au repos et aux jeux ?... La liste est sans fin des diverses situations de maltraitances auxquelles les enfants des sectes sont confrontés. Les privations semblent le lot commun : privation de nourriture, privation de sommeil, privation de contacts extérieurs, privation de jeux... La vie de certains enfants est un véritable cauchemar : chez Krishna, le lever est à 3h30, immédiatement suivi d'une heure de litanies et de trois heures de lectures des textes sacrés. Même rituel en fin de journée, une journée partagée entre l'enseignement et les activités manuelles. Les repas, de types végétariens, sont très loin de satisfaire les appétits et les besoins, et la seule 'distraction' autorisée, le dimanche, est d'aller faire du prosélytisme en agitant des clochettes et chantant 'here rama, hare Krishna'...Ils vivent dans des locaux sans aucun confort, dorment sur des lits métalliques superposés et ne connaissent rien du monde qui les entoure. Même lorsqu'ils demeurent dans leur famille, comme c'est la cas des Témoins de Jehovah, les enfants sont 'interdits' d'enfance : interdit de participer à des fêtes, de sortir, de regarder la télévision, d'aller au spectacle...

'La Citadelle' s'est fait connaître pour la rage que le couple Mihaies mettait à 'corriger' les enfants. Un 'ancien' témoigne : '... gifles, coups de ceinture, privation de nourriture, de sommeil, station debout des heures durant..., exclusion fréquentes, humilations'. Dans d'autres sectes, les 'rebelles' sont enoyés dans des camps de rééducation dont les teen Ranches créés par david Berg, grand manitou de la Famille, étaient le modèle le plus accompli. Frapper un enfant est donc un acte reconnu et encouragé par les sectes, et écrits et discours en témoignent; un haut responsable de Tabitha's Place : "Même les bébés ont une nature déchue et ont besoin d'être chatiés", et Gilbert Bourdin de Raël évoquant "le petit être qui n'est encore qu'une larve" invitent les parents à appliquer avec vigueur le châtiment corporel...
Mais c'est avec les violences sexuelles que l'on mesure combien les sectes, sous des discours religieux ou philosophiques, peuvent briser à jamais des vies humaines et conduire des enfants au désespoir ou à la folie. Gilbert Bourdin, qui se veut un guide sévère, n'hésite pas à mettre dans son lit ses adeptes et les enfants de ses adeptes. Différents écrits attestent de ses encouragements à la pédophilie, voire à l'inceste, mais le maître incontesté en la matière demere David Berg, dit Moïse David, père universel des Enfants de Dieu - aujourd'hui La Famille - , qui des années durant put réaliser à travers la secte ses plus épouvantables fantasmes. Non seulement cet ancien pasteur a inventé le 'Flirty Fishing' et ainsi amené à la prostitution des centaines de jeunes filles convaincues de servir le Christ, mais il a abusé de ses propres enfants, sans le moindre souci de la loi commune, justifiant ses perversions par une 'théorie' qui pour être simpliste n'en a pas moins convaincu des centaines d'adeptes. il assure, David Berg, que "il n'y a rien de mauvais au monde, quand au sexe, tant qu'il est pratiqué avec amour, de quelque manière que ce soit; pas question de qui ni de quel âge ou de quelle parenté, ni de quelle façon". Moyennant quoi, les mères sont invitées à faire, d'une certaine façon, la toilette de leur petit garçon, et les pères à 'jouer' avec leurs petites filles; quand aux enfants, ils n'ont pas le choix, les relations sexuelles entre eux étaient obligatoires, dûment surveillées par un 'berger'...

Les sectes font peur, et pas seulement à monsieur-tout-le-monde; elles font peur aussi aux magistrats, aux experts, aux hommes politiques. Elles ont des ramifications innombrables, bénéficient de puissants appuis, savent utiliser la moindre faille, invoquer la liberté d'opinion, de conscience, de religion...Elles avancent masquées, ovrant des ateliers de peinture, de musique, proposant du soutien scolaire, organisant des séjours de vacances et créant ainsi un vivier dans lequel elles pourront jeter leurs filets.
Des associations travaillent à combattrent et dénoncer ces pratiques : Le centre de documentation, d'éducation et d'action contre les manipulations mentales (CCMM) et, surtout, l'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu (UNADFI) dont la présidente Jeannine tavernier, pense que le devoir d'information sur le problème des sectes doit être une priorité pour tous ceux qui sont en contact avec les enfants (enseignants, éducateurs, animateurs...)

Jacques Trémintin


(1) LIEN SOCIAL, 5 rue du Moulin Bayard - 31015 Toulouse cedex 6
Tél 05 62 73 34 40
Fax 05 62 73 00 29
www.lien-social.com
-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

En France toujours, une autre des associations de lutte contre les sectes a publie, pour la premiere fois en juin 2004, un dossier special sur les enfants et les sectes que vous pouvez trouver sur leur site www.unadfi.org
Bien que nous ne soyons pas tout a fait d'accord avec les deux derniers articles, nous les reproduisons ci dessous, il peuvent toujours servir a exercer votre esprit critique ou dans des procedures dures durent...

Les enfants d’une secte

Alors assistante sociale d’un service de protection de l’enfance, j’ai été mandatée par un juge des enfants, pour effectuer une enquête sociale concernant trois jeunes enfants ( 5 ans, 4 ans et 1 an ½ ) vivant avec leurs parents dans une secte.

Les conditions difficiles et délicates de mon intervention, m’ont permis de prendre la mesure de leur souffrance et du danger encouru par tous ceux (jeunes enfants et adolescents) qui vivaient ou avaient vécu dans cette secte.

1 – Coupure avec l’extérieur, isolement et enfermement des enfants et des adultes

Les parents ayant été amenés à rompre avec leurs familles et leurs amis, les enfants ne connaissaient pas ou très peu leurs grands parents et leurs familles proches.

2 – Pour éviter qu’ils aient des contacts avec l’extérieur, les enfants étaient retirés de leurs écoles pour suivre les cours par correspondance du CNED[3], sous prétexte d’activités musicales développées. Lors des rares visites des inspecteurs de l’ Education Nationale, ceux ci avaient droit a une véritable mise en scène très séduisante qui ne leur permettait pas d’évaluer le bien fondé de cette scolarisation interne, et encore moins le danger encouru par ces enfants.

3 – Les manifestations affectives et les marques d’intérêt à l’égard des enfants étaient considérées comme mauvaises.

Ainsi les tout petits passaient leurs vies dans leurs parcs, sans jouets : il était interdit aux parents et à quiconque de les prendre dans leurs bras, de les consoler, de les câliner ou de jouer avec eux. Si un parent dérogeait, il était dénoncé par un autre adepte et réprimandé. Ces enfants étaient affectivement carencés et peu éveillés au monde.

Les enfants devaient ainsi devenir résistants pour « vaincre les forces du mal et les manifestations du malin ».

4 – Les enfants comme les adultes devaient affronter des situations de plus en plus difficiles pour s’endurcir et être meilleurs que les autres.

L’élitisme et la mégalomanie étaient poussés à l’extrême. Les enfants devaient tous jouer d’un instrument de musique qui leur était imposé et être les premiers au conservatoire. Ils devaient travailler (devoirs et musique) sans relâche et avec acharnement jusque tard dans la nuit. Leurs résultats et leurs notes étaient comparés. Ils étaient ainsi souvent blâmés publiquement et punis.

5 – Les enfants comme les adultes, étaient tenus à une soumission et une obéissance aveugle au gourou et à son épouse. Les enfants ne relevaient plus de l’autorité de leurs parents, mais de celle du couple leader qui décidait des orientations scolaires et professionnelles : d’où une scolarité perturbée, des blocages et des découragements. Lorsque les enfants n’étaient pas « conformes », les parents se faisaient vertement réprimander devant leurs enfants et les autres adeptes : ils étaient considérés comme inaptes à élever leur enfants. Ainsi les enfants de tous âges étaient livrés sans défense, au despotisme du couple.

6 – La délation et la surveillance des uns par les autres, instauraient un climat de méfiance et d’isolement avec impossibilité de communiquer : les enfants se dénonçaient entre eux et dénonçaient leurs parents.

7 – Mauvais traitements physiques.

Ø Les règles de vie strictes et répressives (jeûnes, sommeil réduit, travail acharné, aucun loisir, aucune sortie, aucun jeu) entraînaient une grande fatigue, voire une faiblesse physique qui fragilisaient enfants et adultes.

Ø Les coups de ceinture étaient fréquemment donnés par les parents, même aux plus petits.

Ø Coups de poing, gifles étaient donnés par le couple leader. Obligation était faite pour tous, y compris les enfants en bas âge, d’assister au culte pendant 5/6 heures, sans bouger, parler ou faire ses besoins naturels. Si un enfant pleurait, remuait, le père ou la mère l’emmenait pour le corriger, sous l’œil désapprobateur de l’assistance.

Ø Coups de règle sur les doigts, bouches scotchées, suppressions de repas, mises au coin pendant des heures.

Ø Pas le droit de courir, il fallait se comporter dignement.

8 – Sévices moraux.

Ø Isolement parents-enfants : à partir de 5 ans, les petits étaient séparés de leurs parents occupés à d’autres tâches. Ils étaient alors pris en charge par la femme du gourou dans un autre lieu, pouvant être enfermés dans une chambre ou mis dans le noir.

Ø Le maître mot était : « il faut briser l’enfant pour le soumettre, le rendre docile et obéissant ».

En effet ces enfants étaient très sages, soumis, apeurés, tristes, éteints, repliés sur eux mêmes, sans spontanéité. Ils ne savaient pas jouer.

Ø L’autocritique, les confessions écrites ou publiques, suivies de punitions, entrete-naient un climat de terreur. Ces tribunaux de torture morale pour adultes et enfants, avec procès d’intention, arrivaient à soumettre une adolescente, en l’humiliant sans arrêt, en la mettant en quarantaine, etc…

9 – La déstructuration de la personnalité ou l’impossibilité pour l’enfant de se structurer, dans un climat permanent d’angoisse et de culpabilité par peur de déplaire au couple de gourous et d’être dénoncé.

Ø Changements continuels d’instruments de musique imposés.

Ø Instabilité permanente des lieux où dormir : le soir les enfants se déplaçaient avec leur matelas et demandaient à l’épouse du gourou où ils devaient dormir.

Ø Lorsque les enfants obtenaient de bons résultats scolaires et musicaux et qu’ils se montraient contents d’eux, ils étaient repris, humiliés et taxés d’orgueil.

Ø Quand les petits mangeaient leur soupe avec une petite cuillère, on leur ordonnait d’en prendre une grande ; si la fois suivante ils prenaient une grande cuillère, on les obligeait à en prendre une petite… Leurs repères étaient sans cesse brouillés.

En conclusion ces enfants étaient en danger moral et physique du fait de l’asservissement mental de leurs parents par le couple leader. Déresponsabilisés, ces parents n’avaient plus de prise sur leurs enfants ni de communication avec eux. Pris en charge par le couple de gourous, enfermés, oppressés, soumis, déstructurés et manipulés, les enfants étaient brisés dans le développement de leur personnalité. La scolarisation interne empêchait qu’ils restent en contact avec une certaine réalité et gardent une ouverture sur le monde.

Aussi ces trois enfants ont-ils été placés par le juge des enfants chez leurs grands parents et ils y sont toujours depuis quinze ans. Grâce à ces derniers, tous les trois font de bonnes études, et semblent autonomes et équilibrés. Ils n’ont pas revu leurs parents depuis lors, ceux-ci vivant à l’étranger où ils se sont réfugiés avec le couple de gourous, après le placement de tous les enfants de la secte par le juge et le procès de membres de celle-ci.



L’enfance maltraitée en milieu sectaire

L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) définit la violence à l’égard des enfants comme suit : « Les mauvais traitements de l’enfant ou la maltraitance s’étendent à toutes les formes de mauvais traitements physiques ou affectifs, de sévices sexuels, d’abandon ou de négligence, d’exploitation commerciale ou autre, entraînant un préjudice réel ou potentiel pour la santé de l’enfant, sa survie, son développement ou sa dignité, dans le contexte d’une relation de responsabilité, de confiance ou de pouvoir. »

Un nombre important d’enfants nés ou éduqués dans un milieu sectaire totalitaire est confronté à des risques importants de maltraitance de la part non seulement de leur entourage familial mais également des autres membres du groupe, et en particulier du gourou.

Le groupe, ou la cellule familiale fonctionnant selon un modèle sectaire, constitue un milieu pathogène pour l’enfant.

La maltraitance induite par la secte (groupe-doctrine-gourou), dépossède l’enfant de son identité physique, psychique et émotionnelle, niant son existence en tant que sujet de droit pour en faire un objet aliéné au système sectaire qui se perçoit comme hors du monde. Le refus du libre arbitre, du poids de la société et de ses institutions font que la pression sociale peut paraître inexistante et inefficace sur les adeptes qui vivent une « idéologie hors de la société ». Endoctrinés, les enfants n’ont comme référent que « la secte » et sont dans l’incapacité de comprendre le sens des institutions de l’Etat (Education, justice, médecine...) et des valeurs qu’il prône « Liberté – Egalité - Fraternité », valeurs non reconnues et souvent combattues par le groupe.

L’enfant évoluant dans un environnement sectaire est menacé à deux titres : mineur et adepte. Son statut de mineur le place, de fait, dans un état de vulnérabilité face aux actes délictueux commis à son égard. De plus, le groupe sectaire totalitaire prive l’individu, notamment par le biais de la manipulation mentale, de son libre arbitre et de sa capacité à penser et agir par lui-même pour le placer en état de sujétion (cf. : loi About-Picard du 12 juin 2001).

Devenu objet, l’enfant ne possède plus de droit mais uniquement des devoirs, il doit tenir un rôle, remplir une mission auprès du groupe et du leader, dans la logique d’une obéissance absolue.

Dans ce cadre de vie perverti, nuisible à l’individu, les actes de maltraitance sont perçus et présentés par ceux qui les commettent comme profitables à celui qui les subit. Ils sont érigés en valeurs. Les mineurs subissent des atteintes graves à leur intégrité et à leurs droits aux niveaux physique, psychologique, familial et social. Dans tel groupe, le leader abusera de mineurs afin de les purifier et de leur permettre d’accéder à un état supérieur (les cas de pédophilie dans les sectes sont nombreux). Tel autre encouragera les parents à châtier leurs enfants en leur infligeant des sévices physiques (coups, mutilations, privation de nourriture, défaut de soins) ou psychologiques (brimades, humiliations, déni de l’identité, interdit de l’opposition…).

La cellule familiale ne représente plus la cellule de base, elle est soumise à l’autorité et au contrôle du groupe. Les parents, sont symboliquement et effectivement dépossédés de leur autorité et de leur fonction qui sont transférées aux structures sectaires. Le lien familial est assujetti au lien groupal, ce qui entraîne de graves problèmes dans la construction de l’identité et dans les relations parents-enfants. La socialisation se fait d'abord (et parfois exclusivement) dans la secte avec un modèle unique, présenté comme le meilleur. La nécessité de fréquenter le moins possible les autres, car ils appartiennent à des familles "mauvaises", et d'être en même temps un "modèle" pour ces autres familles isole l'enfant dans une diffé-rence valorisée à l'intérieur du groupe et incomprise à l'extérieur. La mise à l’écart de la société civile est génératrice de comportements nuisibles au développement social et intellectuel de l’enfant : scolarisation défaillante ou absente, domaines d’apprentissage limités, refus de participer aux activités civiques, absence de loisirs… pour ne pas tous les citer.

Pour l’UNADFI, la maltraitance des enfants en milieu sectaire est un fait indéniable, auquel elle se trouve confrontée régulièrement et, parfois, dans des conditions dramatiques.

La plupart du temps, les cas nous sont rapportés par l’intermédiaire de proches qui témoignent de leur inquiétude due à l’adhésion d’un des leurs à un groupe sectaire ou lors d’actions en justice, notamment dans les procédures de divorce. Inquiets pour l’avenir de l’enfant, ils font état des dangers encourus par celui-ci s’il demeure dans un environnement sectaire par l’intermédiaire de l’un ou de ses deux parents.

Certaines situations peuvent devenir critiques et même létales si le danger n’a pu être détecté à temps.

Rares sont les cas où les mineurs saisissent, de leur propre chef, une association ou une institution afin de témoigner de leurs souffrances. Nous savons qu’il est toujours difficile pour un enfant maltraité de se livrer à un tiers, du fait de la culpabilité et de la honte qu’il éprouve et de l’interdit qui lui en est fait.

A l’ignorance de ses droits et de ses recours mais, avant tout, de la notion « intégrité » s’ajoute chez le jeune adepte, la crainte inculquée du monde extérieur.

A l’adolescence se produisent parfois des phénomènes de révolte, qui poussent les jeunes à tenter de s’éloigner de cet environnement nocif, mais ce n’est, bien souvent, que longtemps après leur majorité que certains entament des démarches ; un temps est nécessaire à leur reconstruction psychologique.

Dans son rapport 2003, la MIVILUDES propose un allongement du délai de prescription, qui « partirait du jour où la victime serait en état de déposer plainte » et non du jour où l’infraction a été commise. Le cadre sectaire où la victime se retrouve en « état de sujétion psychologique ou physique » nécessite « un régime spécifique de prescription de l’action publique ». Une proposition grandement souhaitée par l’UNADFI et qui va dans le sens d’une reconnaissance accrue des actes de maltraitance spécifiquement liés au phénomène sectaire qui restent, à ce jour, pas assez connus des milieux institutionnels et des professionnels de l’enfance.

L’information, la prévention et la formation du public doivent amener à une prise de conscience de la spécificité des formes de maltraitance infantile liées aux sectes, spécificité qui rend plus difficile son signalement auprès des associations et des institutions compétentes.

L’UNADFI, forte de 30 ans d’expérience dans le domaine des sectes, est un observateur et un acteur privilégié de la défense des droits de l’individu et notamment de la protection de l’enfance confrontée à la maltraitance sectaire dont la réalité ne peut être niée.

Dans notre action d’aide aux victimes, le respect des droits de l’Enfant est une préoccupation constante pour laquelle nous ne cessons de nous battre.


La Fonction parentale dans les sectes

Comment les sectes conçoivent-elles le rôle des parents ? Y a-t-il une fonction parentale ? Et sous quelle forme ? Cette fonction, si elle existe, est toujours pensée à l’intérieur de la doctrine de la secte et n’a donc de sens qu’au sein de celle-ci.

L’enfant enjeu – L’enfant menace

En règle générale l’enfant est conçu à la fois comme un enjeu, du point de vue théorique (doctrine) et aussi pratique (extension de la secte), mais peut dans certains groupes apparaître comme une menace pour la toute-puissance du gourou.

L’enfant enjeu

Globalement, l’enfant est présenté comme l’avenir de l’humanité. Il doit être à l’origine d’une « nouvelle race humaine parfaite » selon le langage de la secte. L’éducation de l’enfant est donc posée comme un enjeu dépassant l’enfant lui-même et ses parents biologiques, elle est sous la responsabilité de la communauté sectaire qui établit une grille d’éducation pour que l’enfant devienne un adulte correspondant à l’idéal de la secte.

Avant d’être un enfant, il est d’abord un adepte en devenir. Son éducation doit en faire un serviteur inconditionnel car il s’agit pour le gourou d’assurer la survie de la secte en préparant les enfants qui assureront la relève.

L’enfant est donc un élément important pour la survie et le développement de la secte.

L’enfant menace

L’enfant peut également représenter une menace car il risque de réveiller chez ses parents des sentiments d’amour filial suffisamment forts pour supplanter le gourou dans leur cœur ; ou tout au moins pour les éloigner un temps du groupe au profit de leur enfant.

Les soins requis par l’enfant réduiront d’autant le temps consacré au prosélytisme ou aux tâches internes à la secte.

La fonction parentale dévoyée

La fonction parentale, exercée ou non par les vrais parents, est souvent régie par la doctrine de la secte. Parfois, le parent n’a eu qu’un rôle de géniteur. Il arrive même que ce rôle soit nié, la conception de l’enfant étant attribuée au gourou ou à des « êtres supérieurs ». L’enfant devient alors l’enfant de la secte, qui sera sa seule famille. C’est le gourou qui est le Parent, aucun autre attachement filial n’est possible.

De même que le parent est totalement dépersonnalisé (il est ce que la doctrine veut qu’il soit), l’enfant n’est pas élevé en tant qu’individu avec les droits et les devoirs respectifs de son âge mais comme un futur adepte pour qui la doctrine tient lieu de pensée et de loi. C’est elle qui détermine sa place, son statut, sa vie quotidienne.

On peut alors parler de confiscation de l’exercice de la fonction parentale par la secte. Celle ci pouvant être encore plus radicale dans une communauté fermée.

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------


-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Par soucis de pluralite nous vous copions ci-apres l'article du Centre Contre la Manipulation Mentale CCMM, ecrit par une psychotherapeute, Madame Françoise Bocca pour aider les parents d'enfants soumis a des organisations sectaires:

Réfléchir à l'enfant élevé dans une secte amène immédiatement à se poser la question de la parentalité.

Être parent dans une secte, cela est-il possible et comment? Et, tout d'abord, comment sont nés ces enfants ? Du désir spontané de leur parents ou de l'obéissance aux ordres de la secte ? De qui donc sont-ils les fils et les filles ? Quel projet repose sur eux ? Donc, quelle transmission leur sera-t-elle faite ?

On évoque là, bien sûr, le degré de dépendance des parents, que cette dépendance soit imposée nettement par la secte ou recherchée par les parents eux-mêmes selon une exigence intérieure qui colmate leur angoisse et leur peur devant l'existence.

Un peut imaginer que nombre de ces jeunes parents ont en effet besoin d'un "contenant": la secte joue ce rôle et leur donne peut-être ainsi l'étayage nécessaire pour pouvoir accueillir un enfant.

Mais ce qui semblera ainsi gagné dans un premier temps, c'est-à-dire ce qui semblera aller dans le sens d'un progrès, d'une évolution positive, risque de tourner court si l'enfant est considéré comme appartenant d'abord à la secte.

Dans ce cas, en effet, la relation d'emprise sectaire aura tendance à s'étendre sur lui le plus rapidement possible et la qualité de la relation parentale - et d'abord maternelle -. permise, sera forcément limitée.

Sans même parler de séparations précoces et traumatisantes , quelle spontanéité vivante dans la relation à son enfant, une mère peut-elle avoir, au sein d'un organisme aussi rigide qu'une secte, même si cette rigidité est camouflée par une apparence fraternelle ? Quelle latitude lui est laissée de s'abandonner à son amour maternel, à cette "préoccupation maternelle primaire" dont Freud et Winnicott ont montré combien elle était fondamentale pour le bon développement de l'enfant ?

Les risques de voir s'établir une relation "d'absence", carentielle, désaffectée et frustrante, basée sur la défaillance de l'environnement maternel semblent grands.

Un peut également s'interroger sur la manière dont l'enfant réagira lors des grands remaniements de l'adolescence. Une éducation sans doute lourdement univoque ne favorisera en rien son ouverture au monde et son insertion future. Celles-ci ne pourront se réaliser que dans la rupture entraînant alors culpabilité et dépression, cette dernière amplement préparée par les carences, voire les traumatismes, de la première enfance.

Ces hypothèses pessimistes peuvent malheureusement être vérifiées par les témoignages apportées au CCMMrogerikor@wanadoo.fr sur l'enfance dans les sectes. Il convient en conclusion d'émettre une note chargée d'espoir. L'enfant conditionné par une secte reste porteur de forces réactionnelles, accessible à des influences réparatrices et capable un jour de rejeter consciemment ce qui l'a opprimé.

Jeunes enfants dans les sectes

La condition des jeunes enfants entraînés dans les sectes est fonction du degré d'intégration et de dépendance, du modèle de vie appliqué et de la séparation ou non du couple parental. Ce bref examen concerne les enfants de la naissance à la pré-adolescence.

Vie affective

On sait l'importance primordiale de la qualité relationnelle entre la mère et le bébé pendant les deux premières années de la vie. Ces rapports affectifs permettent le développement psychologique, dès cet âge. Lorsqu'ils ne peuvent s'établir normalement, des troubles de santé se manifestent: régression du développement psychomoteur, apathie, refus d'aliments, etc.

Dans certaines sectes, les carences affectives résultent de la privation de la mère à l'enfant, ordonnée autoritairement. Exemples:

  • Secte Moon. Séparation précoce, enfant confié quelquefois à des parente éloignés, le plus souvent placé à l'orphelinat, conformément aux discours du "Maître".
  • Association Internationale de la Conscience de Krishna. Séparation au moment de l'entrée dans "l'ashram des enfants" vers 5 ans.
  • Sahaja Yoga. Séparation à tout moment pour des raisons diverses : "Vous quittez d'abord votre famille, quittez aussi vos enfants, abandonnez tout"; " Les cinq premières années (...), si l'enfant essaye de prendre des libertés avec vous, s'il est effronté et ne vous écoute pas, confiez-le à quelque autre Sahaja Yogi" ; "Il y a des enfants qui naissent normalement, mais leur mère ou leur père étant hyperactifs, ils développent une nouvelle maladie appelée hyperactivité de l'enfant" (sic) ; "De tels enfants doivent être immédiatement séparés des parents, particulièrement de la mère, parce qu'ils attrapent cela par elle (...). Il doivent être envoyés dans autre ashram... une autre femme surveille l'enfant, il devient la propriété de tout le monde".
Cette double imposition - se détacher tôt de l'enfant, l'admettre comme propriété collective d'un groupe - entre dans le calcul sordide du gourou : avoir des parents disponibles à temps plein pour contribuer à sa fortune. On la trouve dans bien d'autre sectes.

Des séparations momentanées, des absences répétitives de jour comme de nuit (la mère dévote de Krishna laissant seul son bébé à 3h du matin pour aller à l'office de prières), la dissociation parentale (le père "Enfant de Dieu " envoyé en mission à l'étranger) provoquent des perturbations affectives - sentiments d'insécurité, de peur de frustration - à l'origine de troubles maladifs.

Vie physique

Le développement physique de l'enfant est tributaire de l'alimentation et des soins corporels et thérapeutiques qu'on lui donne.

Alimentation

Lorsque des régimes alimentaires sont prescrits aux adultes adeptes des sectes, il est quasi-automatique de trouver une nourriture appauvrie chez leurs enfants. Prétendument sains, naturels, purificateurs, etc..., les régimes suivis, souvent assortis de jeûnes, peuvent être désastreusement carencés : végétarisme trop strict, végétalisme (interdiction des oeufs, laitages et autres produits laitiers), crudivorisme, macrobiotique et autres systèmes nutritionnels aberrants.

Des jeunes enfants "ensectés" subissent de véritables sévices physiques quand ils sont privés d'une nourriture adaptée, suffisante et équilibrée. Soumis au végétalisme - dans les sectes prônant le naturo-pondéral, quand ce n'est pas arrêt de croissance de longue durée du fait de malnutrition protidique ; et sont fréquemment sujets à l'hypotonie musculaire, la décalcification, l'asthénie extrême, l'anorexie.

Chez les enfants macrobiotes, le rachitisme est observé en raison des déficits en calcium, fer et vitamines D et B12, ainsi que l'anorexie ; tout bébés, en cas d'absence d'allaitement maternel, ils reçoivent des biberons de céréales, légumineuses et eau. Et pour être rendus plus "yang", ils doivent endurer "une faim modérée et un peu de soif pendant la première année".

Soins

Les sectes ont des conceptions particulières sur la genèse des maladies ; elles seraient la conséquence d'un état mental ou spirituel impur, ou d'un mode de vie déséquilibrant, ou des rapports avec des personnes ou des occupations pernicieusement "négatives", ces raisons et bien d'autres étant souvent conjuguées. La malédiction divine et l'oeuvre satanique ont une grosse part de responsabilités, mais le vrai coupable est toujours le malade.

Les jeunes enfants ne demandent qu'à ne plus souffrir quand ils sont malades. Or, les techniques se soins en vigueur dans certaines sectes sont bien étrangères à leurs maux :

  • La médecine et la pharmaco-thérapie modernes sont rejetées, ce qui élimine diagnostic et traitement adéquat en cas d'affection subite et de maladie grave.
  • Les thérapies de substitution, d'origines diverses - des médecines archaïques d'Orient et d'Extrême-Orient aux recettes miracles de guérisseurs spéculatifs - ne sont que des recours aléatoires et non fiables.
  • L'appel intercesseur d'un individu se déclarant désigné par le Ciel fait partie des méthodes originales de soins, excluant toutes les autres. Dans ce cas, les parents s'en remettent à une intervention divine et peuvent laisser leurs enfants mourir lentement mais sûrement (condamnations judiciaires prononcées).
Qu'il s'agisse d'une absence de traitement ou de l'application d'un traitement inapproprié ou illusoire, on remarquera que les jeunes enfants sont des victimes faciles parce qu'ils ne peuvent défendre eux-mêmes leur capital santé (visites médicales régulières, vaccinations, maladies infantiles, etc).

Vie éducative

Le premier cycle scolaire - période dite "de latence" en psychologie, qui va grosso modo de sept à dix ans - est d'un intérêt crucial. Au contact des instances socio-culturelles, l'enfant engrange des acquisitions intellectuelles et sociales. Il entre à la grande école, est confronté et s'intègre à un groupe d'enfants dont les "différences" ne sont pas ressenties comme obstacles, et suit l'enseignement souple et ouvert d'un adulte, la maîtresse, qui s'occupe de tout et de chacun, sans distinctions d'origine, de sexe et de religion.

Dans un milieu sectaire, fermé sur lui-même, l'enfant ne reçoit que des données rigides et restrictives, et ne perçoit qu'un monde sans horizon. Sa marginalisation est totale s'il vit dans la secte: ce qui est extérieur à elle, et dont il ne connaît quasiment rien, lui est d'ailleurs représenté comme mauvais et dangereux.

Quelques sectes ont créé des écoles pour des enfants de leurs adeptes, prétextant que l'enseignement laïc leur serait préjudiciable.

L'AICK - qui prétend que l'éducation moderne, irréligieuse, fait "naître un nombre croissant de criminels sinon d'inadaptés" - possède son école védique de la Nouvelle Mayapuru où "l'on insiste tout au long de l'éducation sur l'apprentissage de la vie spirituelle, à travers l'écoute et le chant des gloires de Krishna, la Personne souveraine".

Pour Shri Mataji, "il y a une grande différence entre une École Sahaja Yoga et les autres écoles (...). Notre école apprend la vraie religion (...). La pure Connaissance de Shri Vidya ou la pure Connaissance... sera donnée à tout étudiant de l'école, dès son plus jeune âge. Cette dernière école établie à Dharamsala (Inde) comprend de jeunes enfants européens tombés sous la griffe de la secte avec l'assentiment irréfléchi de leurs parents désabusés.

Dans les écoles de ce type, la pensée de l'enfant est dirigée constamment vers un pôle : le royaume magique du gourou et des objets qu'il met en scène. Or si l'enfant d'âge pré-scolaire a des activités essentiellement ludiques, parvenu à l'âge scolaire il abandonne peu à peu la pensée magique pour accéder à la pensée logique, maîtriser les systèmes symboliques - lecture, écriture, calcul - et les opérations concrètes. Ce passage obligé vers l'adolescence n'a pas la faveur des sectes qui préfèrent maintenir l'enfant dans un microcosme merveilleux : le petit monde fantasmagorique des dieux bons et méchants, des extra-terrestres qui ont figure humaine, etc.

L'intégration du jeune enfant à la société est empêchée, car les rapports qu'on lui autorise avec elle sont limités et empreints, par persuasion préalable, de suspicion et de crainte. Les Témoins de Jéhovah fournissent l'exemple classique : leurs enfants ne doivent pas rencontrer des profanes, "ennemis de la vérité", en dehors des heures d'école, mais peuvent fréquenter des Témoins de Jéhovah connus de leurs parents Témoins de Jéhovah, qui leur raconteront des histoires de Témoins de Jéhovah.

L'exclusion des autres qui ne sont pas du même bord n'a d'autres raison que celle du gourou : il sait que la marginalisation sociale d'un jeune enfant contribue à sa future dépendance dans son système.

Françoise Bocca
Psychothérapeute
Membre de l'Association Française d'Information et de Recherche sur l'Enfance Maltraitée (AFIREM)


------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Les enfants dans la secte AAO

A.A.O. (Organisation d'Analyse Actionnelle pour une pratique de vie consciente) a été fondée en 1976 par Otto Mühl, à Friedrichshof en Autriche. Sa doctrine est basée sur une sorte d'anarchisme fasciste et sur des thèses psychanalytiques inspirées de Wilhelm Reich.

V. avait deux ans quand P. et moi avons décidé de former un groupe AAO à Strasbourg, « Théâtre 9 ». Au début, il y eut un roulement pour le garder et Ralph, notre premier « guide », nous disait comment nous occuper de lui ; l'enfant ne devait pas jouer seul, il fallait toujours lui proposer quelque chose de neuf. Bref, il ne disposait d'aucun moment pour rêver...

Psychothérapie aidant, P. et moi, supportions mal la charge de V. Nous étions trop occupés par nous-mêmes, par notre propre malaise, notre thérapie était tellement accaparante. En un mot, V. était de trop.

On nous conseilla de « livrer » V. à l'école A.A.O. de Friedrichshof. Il n'y eut pas de discussion entre P. et moi. Je ne sais qui prit la décision mais mon excuse était que, dans la communauté, le père n'a que peu d'importance. V. fut donc envoyé, à deux ans, au lieu le plus sûr de la secte A.A.O.

A Friedrichshof, d'autres enfants étaient réunis, provenant des différents groupes des différents pays. Leur langue devenait l'allemand-autrichien.

D'emblée, V. eut une mère et un père de remplacement mais le père faisait souvent défaut. La mère de remplacement dormait dans la même chambre que V. qu'elle partageait également avec une autre femme et son enfant. Les différents hommes de la communauté qui dormaient avec elles n'étaient que de passage. V. ne semblait pas trop souffrir du manque de ses parents alors que d'autres enfants piquaient de véritables crises. L'un d'entre eux devenait comme fou quand son père - qui ne vivait pas en communauté A.A.O. - venait le voir. Il s'accrochait à ses pas, ne le quittant pas d'une semelle, le regardant amoureusement.

Otto (Otto Mühl, le tout puissant gourou de la secte) se moquait de cet enfant, mimant grossièrement son attitude, le ridiculisant aux yeux des autres enfants.

Un jour, la mère de remplacement me dit qu'il valait mieux que je ne voie plus V. Pourtant, je ne le rencontrais que fort peu. Il semble que mon enfant manifestait un désir tenace d'être avec moi et je ne voyais pas en quoi cela pouvait être néfaste pour son développement. J'ai alors craqué et fondu en larmes devant la mère de remplacement qui, finalement, a permis que je continue à voir V.

Pour une mère de remplacement, l'intérêt du rôle est double. D'une part, elle se prépare à devenir elle-même une mère et souhaite faire de son mieux pour l'enfant qu'elle a en garde et, peut-être, devenir l'élue de l'un des hauts guides et, pourquoi pas, avoir un enfant d'Otto lui-même. D'autre part, à travers l'enfant, elle peut se mettre en valeur face au reste du groupe. Elle n'est plus simple adepte mais mère de X. Cela compte beaucoup dans les jeux de structure où elle prend de l'assurance et le pas sur d'autres. La structure, c'est l'échelle des valeurs dans laquelle, du premier au dernier, tous les membres doivent avoir leur place hiérarchique.

Les enfants connaissent également la structure. Ils sont en groupes de familles et par groupes d'âges et, de semaine en semaine, effectuent la même palabre que les adultes. Tous les jours, Otto les reçoit pour le « » (palabre des enfants) et les différents cas sont examinés. Si quelqu'un n'a pas été comme il faut, Otto le sait et gronde, hurle ou applaudit selon les situations. A la fin, il distribue un gâteau à chaque enfant, c'est la seule friandise qu'il reçoit.

Question alimentation, elle est identique à celle des adultes mais très souvent liquide. Peu ou pas du tout de viande, légumes, céréales, lait.

Dans la théorie, l'enfant devrait pouvoir choisir son modèle de père et de mère. Mais il ne pouvait que suivre l'exemple des grands et subir la pression de la hiérarchie suprême. J'ai eu mal au coeur en voyant une des adolescentes effectuer les mêmes roulements de hanche que les autres femmes devant Otto.

Un nouvel arrivant peut être frappé par l'aisance des enfants. En effet, ils ne semblent pas du tout complexés, discutent comme des adultes, posant des tas de questions. Ce ne sont d'ailleurs plus des enfants... ils suivent les mêmes jeux de psychothérapie que les adultes (naissance, jeux de rôles, actions matérielles, etc...), mais, une fois sortis du cadre, ils restent fort timides. Restant toujours en groupe, ne connaissant que l'École A.A.O., ils n'ont d'ailleurs pas besoin d'aller dans des écoles supérieures : ils sont destinés à devenir « guides » à leur tour. Plus malléables encore que les adultes, les désirs des enfants de devenir chef ou guide ou Otto sont présents depuis leur plus jeune âge.

Y a-t-il seulement du positif dans l'éducation A.A.O. Oui, tout n'est pas négatif, ainsi la façon d'enseigner l'histoire qui est réduite à des jeux : on joue à Jules César, à Hitler, à Van Gogh avec la scène poignante de l'oreille coupée. Et Otto joue parfois des contes en interprétant Dracula, un rôle qui lui sied à merveille. Les enfants peuvent critiquer l'attitude des éducateurs et pédagogues. Ils ne mâchent d'ailleurs pas leurs critiques. Bref, un monde en mutation avec des idées, des possibilités mais le tout enfermé dans un univers restreint, opprimant, tout ce qu'il faut pour devenir de parfaits petits AAOistes.

Voilà trois ans que j'ai quitté la secte et je garde de ces souvenirs comme une chape de souffrance. V. est sorti provisoirement, le temps pour sa mère de finir le divorce, d'en avoir la garde et de retourner - j'en suis persuadé - dans l'univers infect des A.A.O. V. préférerait rester avec moi et je remarque que tout le bourrage de crâne qu'il a subi dans la secte à mon sujet n'a pas perturbé l'amour de l'enfant pour son père. C'est l'une de mes consolations de savoir qu'on ne peut détruire la relation parents-enfant, du moins jusqu'à la période de l'adolescence.

Face à tous ces enfants qui souffrent dans une secte quelconque, je souhaite qu'un jour une loi puisse intervenir en leur faveur, permettre à un membre de leur famille de les reprendre pour les placer dans une école normale et leur redonner un foyer. On oublie trop que l'adepte d'une secte ne peut être pris comme responsable de son enfant alors qu'il n'est plus responsable de lui-même. Il vit dans le brouillard de son illumination...

J'aurais encore beaucoup de choses à dire sur Friedrichshof et les enfants A.A.O. par exemple, sur leur précocité face à la sexualité, parler de leurs névroses, de leurs psychoses, de leurs peurs, de leurs angoisses, mais le tisserand que je suis devenu ne cherche qu'à recoudre les plaies encore ouvertes de mon enfant. C'est dur pour un adulte, la vie dans une secte, mais pour un enfant ça l'est beaucoup plus. On parle de l'horreur d'être prisonnier dans les griffes d'un gourou. Et pour un enfant, alors

Certes, l'adulte que je suis est responsable des effets néfastes exercés par la secte sur mon enfant. Mais n'y aurait-il pas beaucoup d'autres responsables Interrogeons-nous sur les moyens de lutte dont nous disposons pour protéger nos enfants et utilisons-les à fond pour que nos enfants ne soient plus les victimes de l'attrait fallacieux des sectes qui agissent comme une marijuana encore tellement plus nocive. Nous n'avons pas le droit de ne pas nous y arrêter un moment : pour réfléchir et agir.
C. N.

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------
LES ENFANTS DANS LES SECTES
REPEREES PAR LES 2 RAPPORTS PARLEMENTAIRES FRANCAIS

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Secte Moon

Séparation précoce, enfant confié quelquefois à des parente éloignés, le plus souvent placé à l'orphelinat, conformément aux discours du "Maître".

Hare Krshna

Séparation au moment de l'entrée dans "l'ashram des enfants" vers 5 ans.
j

Sahaja Yoga

« …Vous devez accomplir votre tâche comme si vous étiez dépositaire et seulement dépositaire. Mais vous ne devez pas vous attacher à lui [l’enfant] : c’est Mon Travail ! Vous devez Me le laisser (…) j’ai déjà donné des instructions sur ce qui doit être fait pour l’enfant. Mais ces enfants sont les miens et pas les vôtres (…). Trop d’attachement aux enfants est signe de dégradation.
extrait de la Revue Nirmala Yoga n°4, 1984

Il est bien connu dans ce groupe qu'il y a des séparation à tout moment pour des raisons diverses : "Vous quittez d'abord votre famille, quittez aussi vos enfants, abandonnez tout"; " Les cinq premières années (...), si l'enfant essaye de prendre des libertés avec vous, s'il est effronté et ne vous écoute pas, confiez-le à quelque autre Sahaja Yogi" ; "Il y a des enfants qui naissent normalement, mais leur mère ou leur père étant hyperactifs, ils développent une nouvelle maladie appelée hyperactivité de l'enfant" (sic) ; "De tels enfants doivent être immédiatement séparés des parents, particulièrement de la mère, parce qu'ils attrapent cela par elle (...). Il doivent être envoyés dans autre ashram... une autre femme surveille l'enfant, il devient la propriété de tout le monde".


Récemment deux enfants de moins de six ans ont été envoyés à l’étranger pour des séjours de plusieurs mois sans leurs parents. (selon la revue BULLES numero 82 )

6 Comments:

Anonymous Paul Ariés said...

Le mariage de la « Jihad 666 » et de la « Jihad 88 » : est-ce la faute des jeunes gothiques ?

Lyon, le 18 mars 2005.

La Mission Interministérielle de Vigilance et de Lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) vient tout juste de rendre public son rapport 2004 qui inquiète à juste titre les militants anti-sectes. Le gouvernement choisit à travers ce rapport de mettre en avant le phénomène satano-gothique.

Nous sommes bien placés pour savoir que le satanisme représente un véritable danger puisque nous lui avons consacré un ouvrage fin 2004 (satanisme et vampyrisme, le livre noir, Editions Golias). Le satano-gothime n'est cependant pas le seul danger et sans doute pas davantage le principal. Je crains que le gouvernement n'ait choisi de parler du satano-gothisme pour nous faire oublier qu'il a capitulé face aux grandes sectes américaines sous la pression notamment des Etats-Unis.

L'objectif de l'ancienne Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes (MILS) dirigée par Alain Vivien était (à tort ou à raison) d'avancer vers la dissolution de la scientologie. Est-ce toujours l'objectif ? On peut en douter à voir de quelle manière le rapport fait son possible pour ignorer cette secte. Cette capitulation honteuse de la France dans la lutte anti-sectes vient confirmer les craintes antérieures. Monsieur Raffarin ne se félicitait-il pas dans une
lettre au Président de la MIVILUDES que les pouvoirs publics aient cessé de stigmatiser certaines sectes (lettre n° 04647 du 1er avril2004)

Il est à craindre que les jeunes gothiques ne fassent aujourd'hui les frais de cette démission politique non assumée : le gouvernement n'ose pas dire à l'opinion publique ni aux parlementaires unanimes pour poursuivre la lutte anti-sectes que l'heure n'est plus à défendre nos valeurs face à ces groupes. De la même façon que le gouvernement américain a totalement baissé la garde depuis le 11 septembre face aux mouvements néo-nazis et aux diverses « églises » qui propagent la haine raciale, le gouvernement français a choisi également de regarder ailleurs que du côté des grandes sectes. Ce revirement de la politique française anti-sectes est dangereux car il conduit à sous-estimer gravement le danger sectaire (ce qui lui vaut la colère des associations anti-sectes) et débouche sur une lecture complètement erronée du phénomène sectaire qui ne peut que nous désarmer.

Les satanistes ne sont pas un cancer sur un corps sain mais les métastases d'une société malade. Notre bonne société a pour ainsi dire les satanistes qu'elle mérite ou mieux encore qu'elle enfante. Pourquoi est-il de bon ton de porter un tee-shirt à l'effigie Marylin Manson et non plus du Che ? Le danger ne tient pas dans le caractère outrancier des propos ou des tenues des jeunes gothiques mais dans le rapprochement entre les partisans de la « Jihad 666 » (« guerre sainte satanique ») et ceux de la « Jihad 88 » (« guerre sainte néo-nazie » : le « h » de Heil Hitler est la 8e lettre de l'alphabet).

Le succès sur Internet, sur les objets scolaires de nos enfants ou lors de profanations du mot d'ordre « Rahowa » (« guerre sainte raciale ») ou de la signature « 14 mots » (qui signifie « nous devons assurer l'existence de notre race et un futur aux enfants blancs » ) mérite beaucoup plus de vigilance que la confusion trop facile entre satanisme folklorique, gothisme et satano-nazisme. Méfions nous de ne pas trop fantasmer sur les propres fantasmes de ces néo-nazis d'un nouveau genre. On peut rire de ce que le Temple de Set (fondé par Michaël Aquino, alors lieutenant-colonel de l'armée américaine spécialiste de la guerre psychologique et toujours auteur de travaux qui font autorité)organise des pélerinages au Château du Wewelsburg, ce haut-lieu du nazisme où les dignitaires SS organisaient des rituels noirs mais son idéologie anti-égalitaire et anti-humaniste progresse. On peut s'amuser de ce que l'ensemble de la mouvance joue Himmler contre Hitler mais les thèses extrémistes pro-américaines progressent avec des slogans simples « Heil Satan ! Heil Amerika ! ».

L'Ordre des Neuf Angles peut également amuser la galerie avec son fameux « Guide du sacrifice humain » mais il organise de véritables « messes noires » en l'honneur de Mein Kampf. La sympathique Eglise de Satan ne joue pas seulement à nous faire peur lorsqu'elle diffuse son programme politique « pentagonal » qui revendique, entre autres choses, la fin de l'égalité, le rétablissement de la peine de mort, le renforcement de l'appareil répressif, la fin des aides sociales, des discriminations positives en faveur des plus forts, la sélection génétique des meilleurs, etc. Cette vision du monde se retrouve au sein des organisations françaises comme l'Ordre Guillaume et la Fédération sataniste de France qui propose par exemple le retour au système des corporations.

Prenons garde car si un lycéen ne peut plus défendre impunément des thèses néo-nazies, il lui suffit de prendre le masque du satanisme pour pouvoir propager la haine des faibles et le culte des forts. Faut-il s'étonner que les mouvances sataniques cèdent ainsi avec facilité aux vieux démons lorsqu'on sait comment notre bonne société s'accommode très bien d'une violation de ses valeurs ? Sait-on assez que la Bible satanique (vendue à six millions d'exemplaires) écrite par Anton LaVey, est simplement un plagiat des oeuvres de la philosophe-romancière Ayn Rand bien connue pour être la « gourelle » de la contre-révolution conservatrice qui balaie depuis plus de vingt ans le monde ?

Cessons de diaboliser les jeunes gothiques et osons leur dire franchement que s'ils veulent vraiment mépriser le faible, il n'est pas besoin de rentrer dans une secte, notre bonne société fait cela très bien. Paul Ariès, professeur de science politique et management est l'auteur de « satanisme et vampyrisme, le livre-noir », Editions Golias, 2004 .

9 avril 2005 à 08:55  
Anonymous Le Quotidien du médecin said...

Le rapport 2004 de la Miviludes - Protéger les mineurs des sectes
Paris, le 23 mars 2005


Jean-Louis Langlais, président de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), a remis hier au Premier ministre le rapport 2004 de la mission. Etat des lieux et propositions sur le « Risque sectaire », dont certaines concernent la médecine.

La Miviludes, instituée par décret à la fin de 2002, observe le phénomène sectaire en France (et ailleurs), l'analyse et coordonne l'action de nos pouvoirs publics. Hier, son président, Jean-Louis Langlais, a remis au Premier ministre son rapport 2004. Centré cette année sur le « Risque sectaire », il met l'accent sur la protection des mineurs.


Le rapport fait d'abord le point sur les avancées législatives. La mission en retient deux pour l'année 2004 : la loi du 7 août 2004 sur la bioéthique d'une part, celle sur les psychothérapies d'autre part. La première marque un coup d'arrêt aux propagandes en faveur du clonage, la seconde encadre l'exercice d'une « profession exposée à certaines dérives ». De 20 000 à 30 000 personnes se réclament de cette profession, se répartissant en quatre catégories : les psychiatres, les psychologues, les psychanalystes et les psychothérapeutes « qui n'appartiennent à aucune des trois catégories précédentes », rappelle le rapport. La loi de santé publique du 9 août 2004 a donné un statut aux psychothérapeutes en prévoyant que l'usage de ce titre soit réservé aux professionnels inscrits sur un registre national.


Quant à la loi sur la bioéthique, elle criminalise toute pratique eugénique. Un message efficace puisqu'il a été suivi, quelques semaines après, par un communiqué du Mouvement raëlien de France déclarant qu'il s'abstiendrait désormais de faire la promotion du clonage.
Par ailleurs, un décret est prévu pour prévenir les risques de prosélytisme en milieu hospitalier et un fascicule a été publié par le ministère de la Santé au début de 2004 sur le risque de dérives sectaires sur les lieux de catastrophe.

Des pratiques sous surveillance.
Certaines pratiques de médecine parallèle, scandaleuses et inquiétantes, ont été signalées et sont donc surveillées par la Mission. Comme dans le Val-d'Oise, où un mouvement pseudoreligieux affirme que « le mal, donc la maladie, ne sont qu'une illusion », que « la maladie et la mort n'ont pu être créées par Dieu, donc elles n'existent pas » et « qu'il faut fuir les médecins avec horreur ». D'autres mouvements s'emploient à affirmer que le virus du sida n'est toujours pas déterminé, d'autres encore proposent des traitements à base de plantes hallucinogènes à des personnes droguées et alcooliques...
A la suite de demandes d'informations provenant des services déconcentrés du ministère ou de particuliers sur certaines pratiques médicales non reconnues (sophrologie, phytologie...) ou reconnues, mais réservées aux détenteurs d'un diplôme de médecine (acupuncture, homéopathie...), le ministère de la Santé a fait un rappel systématique de la législation relative à l'exercice illégal de la médecine et a demandé aux Ddass de déposer plainte, le cas échéant. Il a par ailleurs établi une fiche technique sur le refus de soins et de transfusion sanguine. Enfin, une circulaire d'orientation de la Dhos (Direction de l'hospitalisation et de l'organisation des soins) relative aux axes prioritaires de formation des professionnels de santé pour 2006 devrait sensibiliser les établissements de santé aux précautions à prendre pour les « achats de formation ».
Le rapport souligne par ailleurs des initiatives comme celle prévue dans le plan de périnatalité 2005-2007 et qui prévoit un entretien supplémentaire pour les femmes enceintes au quatrième mois de leur grossesse, afin de repérer d'éventuelles personnalités vulnérables.
La Miviludes attire également l'attention sur certains régimes alimentaires. Les régimes hygiénistes, notamment, qui sont proposés dans des maisons de jeûne, n'inquiètent que modérément la Mission lorsqu'ils s'adressent à des adultes. La situation devient franchement dangereuse lorsqu'ils concernent des enfants. Un bébé de 17 mois est mort des suites d'un régime végétalien.




Dix propositions d'action pour 2005

La Miviludes conclut son rapport sur dix propositions. - Développer une action de prévention à l'égard des jeunes. Les ministères de l'Education nationale, de la Recherche et de la Jeunesse et des Sports seront sollicités. La problématique, dit le rapport, n'est pas fondamentalement différente de celle développée à l'égard des addictions au tabac, à l'alcool ou à la drogue, même si la dimension psychologique de l'emprise implique une approche spécifique.
- Améliorer l'aide aux victimes.
- Contrôler l'accueil à domicile des personnes vulnérables.
- Renforcer le contrôle de l'obligation scolaire.
- Sensibiliser les milieux économiques avec des programmes en direction des grandes écoles de commerce et de management et des chambres de commerce et d'industrie.
- Instituer une liaison entre l'administration et la recherche universitaire.
- Entreprendre une étude comparative des dispositifs étrangers.
- Préciser (encore plus) la notion de dérive sectaire.
- Pérenniser l'action des cellules de vigilance préfectorales.
- Prévoir une circulaire interministérielle.

Audrey Bussière

9 avril 2005 à 09:00  
Anonymous Agence Education Emploi Formation said...

Dérives sectaires : risques de déscolarisation...

Paris, le 23 mars 2005

Dérives sectaires: le rapport annuel de la mission interministérielle met l'accent sur les risques de déscolarisation et s'intéresse au phénomène du satanisme chez les jeunes


Le rapport annuel de la MIVILUDES (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), remis hier, mardi 22 mars 2005, au cabinet du Premier ministre, met l'accent sur "les conséquences induites par le risque sectaire sur les mineurs". Il s'intéresse particulièrement au "risque de désocialisation des enfants, notamment ceux élevés au sein de communautés, ainsi qu'aux discours 'de séduction' à l'intention des adolescents, en particulier sur internet avec l'exemple du satanisme". Dans ses propositions d'actions pour l'année à venir, la mission recommande que "des instructions soient données aux autorités responsables pour renforcer l'application du décret du 23 mars 1999" relatif au contenu des connaissances requis des enfants instruits dans la famille ou dans les établissements d'enseignement privés hors contrat et de "mieux contrôler les formations médicales et paramédicales".

Sur cette question, la MIVILUDES note que, sous l'influence du décret du 23 mars 1999 et de la loi du 18 décembre 1998 tendant à renforcer le contrôle de l'obligation scolaire, le nombre d'enfants instruits dans la famille est passé de plus de 6 000 en 1998 à environ un millier en 2005. Par contre "les quelque 40 000 élèves scolarisés dans les établissements d'enseignement privé hors contrat et ceux ayant choisi l'enseignement à distance n'ont, semble-t-il, pas bénéficié de cette amélioration du contrôle" qui porte également sur le contenu des programmes. Or, pour la mission, "toutes ces formes d'enseignement ne sont pas à l'abri de dérives pédagogiques pouvant être parfois de nature sectaire". D'autre part, "certains établissements d'enseignement supérieur privé délivrent sans contrôle des diplômes dans les champs de la santé et des psychothérapies, domaines sensibles aux risques sectaires".

GOTHISME ET SATANISME

Dans ce rapport, la MIVILUDES a choisi de s'intéresser particulièrement au gothisme et au satanisme, phénomènes qui ne sont pas nouveaux mais qui présentent des risques sur lesquels "il ne faut pas fermer les yeux", selon Jean-Louis Langlais, le président de la mission. Le rapport note que "les morts violentes reliées au phénomène sataniste sont encore heureusement très limitées. On déplore toutefois en 2003 et 2004 deux suicides et deux meurtres susceptibles de lui être rattachés." La MIVILUDES note en effet une "progression sensible des dérives satanistes en France qui ont pu se manifester dans un certain nombre de profanations". Elle note la "dangerosité potentielle" de cette mouvance, "très présente sur le réseau internet et qui, pour recruter de nouveaux adeptes, profite de la vague gothique, posture esthétique très 'tendance', particulièrement en faveur chez les adolescents".

La mission constate également "l'émergence de micro groupes 'hybrides' aux attaches multiples et aux obédiences mal affirmées. Leurs adeptes sont pour la plupart des jeunes en déshérence et en rupture avec le milieu scolaire ou professionnel, souvent victimes d'un passé violent marqué par l'absence de repères familiaux fiables et sécurisants. Ils opèrent dans leurs options idéologiques, une sorte de syncrétisme entre satanisme, nihilisme et idéologie néo-nazie pour justifier leurs actes."

LES RISQUES LIÉS À INTERNET

De manière plus globale, le rapport souligne dans sa conclusion que, "effet de ce dispositif institutionnel ou évolution sociologique autonome, les manifestations de dérives majeures sont moins apparentes que naguère. Sans être à l'abri de poussée délirante imprévisible, notre société paraît mieux protégée que d'autres des débordements. D'ailleurs, plusieurs mouvements ont préféré, semble-t-il, s'expatrier dans des pays moins vigilants que le nôtre." La MIVILUDES note par ailleurs que si son rapport de 2003 "signalait que le phénomène sectaire paraissait contenu en France, on peut se demander s'il ne gagne pas en diversité et en complexité" (L'AEF du 26/01/2004, 40346). Une évolution principalement due à deux phénomènes concomitants. Le premier est l' "essaimage" des mouvements importants, rendu possible par la durée du phénomène sectaire contemporain" qui amène certains adeptes de ces mouvements "à diffuser aujourd'hui leurs enseignements sous d'autres formes et avec d'autres appellations" que celles utilisées jusqu'alors.

La deuxième évolution est celle du "réseau: le groupe n'est souvent constitué que d'individus isolés mais rapprochés par une 'théorie' thérapeutique ou psychothérapeutique". La mission souligne qu' "à l'évidence, internet favorise cette démarche. Les sites 'à risques' sont de plus en plus nombreux et la pratique des mots-clés cachés peut amener le navigateur à des pages qu'il ne prévoyait pas de fréquenter. Cela est particulièrement pernicieux pour les enfants et les jeunes. Internet est aussi un bon moyen de fixer des rendez-vous discrets, d'organiser des diffusions massives, sans que les pouvoirs publics, ou les parents, en aient connaissance. Dans l'impossibilité de réguler la circulation de l'information, le discours de prévention à l'égard des plus jeunes devient essentiel."

COMMUNIQUER VERS LES JEUNES

La première proposition de la MIVILUDES pour l'année à venir porte sur cette question de la communication à destination des jeunes. Jean-Louis Langlais explique qu'une étude va être menée pour définir "la nature des messages à utiliser pour mettre en garde les jeunes sans leur donner envie d'aller vers les mouvements sectaires". Le rapport souligne que "la problématique n'est pas fondamentalement différente de celle développée à l'égard des addictions au tabac, à l'alcool ou à la drogue. Mais la dimension psychologique de l'emprise mérite ici une approche spécifique et particulièrement délicate à mener."

Pour l'année à venir, la MIVILUDES diffusera des "messages de prévention adéquats en utilisant aussi bien les vecteurs audiovisuels que le réseau internet". Des interventions de correspondants qualifiés pourraient également être prévues dans les "lieux d'accueil et d'écoute ouverts aux adolescents". Dans ce cadre, "les concours du ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche et du ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative seront sollicités". Parmi les autres propositions de la MIVILUDES figure l'amélioration du contrôle de l'accueil à domicile des personnes vulnérables, notamment en "actualisant ou rédigeant des documents soulignant les garanties dont doivent être entourés l'accueil des enfants et celui des personnes en situation de vulnérabilité".

Par ailleurs, la MIVILUDES, en liaison avec le ministère chargé de la Recherche, "s'efforcera de mettre en place un centre de documentation accessible aux universitaires" et "offrira la possibilité à des chercheurs d'apporter leur aide aux réflexions menées, notamment sur les DOM-TOM". Ce travail permettra d'actualiser les travaux d'observation et d'analyse qui n'ont pas été actualisés en France depuis le rapport de la commission d'enquête parlementaire en 1995.

DÉRIVES SECTAIRES

Avec le concours du Conseil d'orientation, la MIVILUDES souhaite par ailleurs "élaborer un programme d'action, soumis à l'approbation du cabinet du Premier ministre", pour préciser la notion de dérive sectaire. Dans cette optique un "projet de circulaire interministérielle" sera élaboré en concertation avec le Comité exécutif de la mission. Cette dernière considère en effet qu' "en lui fixant comme objet la lutte non pas contre les sectes mais contre les dérives sectaires, le décret du 28 novembre 2002 a élargi [son] champ d'intervention mais l'a du même coup rendu plus imprécis". De plus, les groupes et mouvements à caractère sectaire sont caractérisés par les pouvoirs publics sur des critères de "dangerosité en partie définis par l'institution judiciaire et les services de police". Or, "l'évolution du phénomène sectaire fait apparaître de nouveaux agissements attentatoires aux libertés individuelles et/ou collectives pratiqués par des individus en dehors de toute structure organisée. D'autre part, la frontière est parfois ténue, voire subtile, entre ce qui relève de la dérive sectaire et ce qui relève de la charlatanerie ou de l'escroquerie." Dernier point soulevé par la mission, "compte tenu de l'évolution sociétale et des pratiques sectaires, il y aurait lieu de s'interroger sur la différence de nature ou de degré qui sépare le sectarisme du communautarisme, du fondamentalisme ou du fanatisme".

Christophe Marty

9 avril 2005 à 09:05  
Anonymous Journal Libération said...

Le satanisme, marchepied de l'extrême droite.

Libération, 23 Mars 2005.


Des jeunes un peu paumés en quête d'identité se laissent séduire par une forme de folklore.

Dans son rapport, la Miviludes s'attarde sur un phénomène sectaire nouveau par l'importance de sa diffusion : le satanisme en relation avec les mouvements d'extrême droite. A l'image des récentes profanations de cimetières qui se sont échelonnées sur les six derniers mois. Certaines profanations ont comporté, en effet, des symboles à la fois nazis et satanistes.

Idéologie. Le mouvement sataniste actuel trouve, en tout cas, son origine dans «l'Eglise de Satan» fondée le 30 avril (jour de la mort d'Hitler) 1966, par Anton LaVey, appelé le Pape noir et auteur de la Bible satanique. Intervient une scission en 1995, lorsque Michael Aquino crée une structure concurrente, le Temple de Seth. Tous les deux s'inspirent néanmoins d'Aleister Crowley qui développa au début du XXe siècle certains rites sanglants.

Derrière le folklore apparent du satanisme (messes noires, symboles, croix renversées...) se cache une idéologie qui peut être dangereuse quand elle se politise. Pour Jean-Yves Camus, politologue, «la violence du message antichrétien ne peut pas ne pas déboucher sur un certain totalitarisme». Paul Ariès, qui vient de publier Satanisme et vampirisme, le livre noir (1) ­ un voyage de plusieurs années dans les milieux satanistes ­, explique que les idées satanistes apparaissent comme un véritable vivier pour l'extrême droite. Ainsi la «Constitution 35» ou le «révisionnisme pentagonal» sont de vrais programmes politiques et prônent une inégalité naturelle entre les hommes. A titre d'exemple, Ariès cite l'Ordre des 9 angles qui organisent des messes noires avec, sur l'autel, l'ouvrage Mein Kampf, écrit par Hitler.

La religion est utilisée par les groupuscules d'extrême droite pour masquer leurs idées. «Un jeune ne peut se dire néonazi mais il est bien vu de se dire sataniste.» Selon Paul Ariès, il existe deux profils types de satanistes parmi les jeunes qu'il faut distinguer des gothiques, même si le gothisme (2) est une porte d'entrée privilégiée vers le satanisme : il y a l'adepte de base, souvent un jeune paumé, sans prise sur sa vie ou celle des autres et qui trouve une «béquille identitaire» dans le satanisme en souffrant et faisant souffrir les autres. Plus minoritaire, on trouve aussi l'étudiant d'un certain niveau intellectuel, qui remet en question l'éducation qu'il a reçue et voit dans le satanisme un moyen de provocation. En tout cas, pour Paul Ariès, il n'y a aucun doute : «Le développement du satanisme et son rapprochement avec l'extrême droite sont liés à la crise des valeurs.» Et de s'inquiéter de l'attitude des pouvoirs publics qui «pêchent dans leur approche du phénomène, car elles ne se donnent pas les moyens de le combattre».

Vigilance. Il a été en partie entendu. Car pour la Miviludes, il y a urgence à intervenir : ainsi les parents se doivent d'être vigilants, car si un look gothique de leur enfant ne signifie pas danger, il ne faut pas pour autant «nécessairement tout admettre dans ce domaine, car cette attirance pour certaines pratiques peut être une voie dangereuse pour les plus fragiles». Les dérives vers des mouvements néonazis sont possibles. La Miviludes dénonce l'accès facile par l'Internet aux sites satanistes, puis par divers liens vers des sites néonazis. «Les groupuscules d'extrême droite exploitent le goût de certains jeunes pour les références nordiques, viriles, pour les attirer dans une mouvance politique d'extrême droite», note la Miviludes.

Enfin, la musique est un moyen d'accès privilégié. Au-delà du très populaire Marylin Manson, ancien membre de l'Eglise de Satan, le vrai danger, selon la Miviludes, semble résider dans le «Black Metal» scandinave où la musique est utilisée pour professer de véritables idées néonazies, comme on l'entend dans les groupes Enduras, Allerseelen, Scivias, ou Blood Axis.

(1) Editions Golias.

(2) Le gothisme est au départ une culture tournée vers le romantisme sombre.

Elsa EVRARD

9 avril 2005 à 09:07  
Anonymous Salon Beige said...

Rapport sur les sectes
www.miviludes.org

Paris, le 22 mars 2005.

La mission interministérielle de vigilance et de lutte conter les dérives sectaires (Miviludes) a rendu aujourd'hui son rapport annuel. Notez en premier lieu que la lutte n'est pas contre les sectes, mais contre les "dérives sectaires", concept éminemment subjectif!

Le point essentiel de ce rapport est le fait que les manifestations des dérives sectaires sont moins apparentes mais plus diverses. Mais la manière dont il est rendu public est particulièrement pernicieuse.

D'abord, on accroche le lecteur en parlant de satanisme, mais on relativise très vite en précisant qu'il ne faut pas mélanger les genres, les "gothiques" étant des gens quand même fréquentables.

Ensuite on revient sur les sectes et on ne fournit que deux chiffres : 1200 enfants scolarisés dans leur famille (10 à 20% subiraient une "instruction sectaire", notez encore l'objectivité!) et 40 000 enfants sont scolarisés hors contrat. Ca y est on y arrive, le doute est jeté! La Miviludes appelle l'attention de tous sur ces deux phénomènes. L'honneteté la plus élementaire consisterait à rajouter que ces établissements hors contrat restent sous le contrôle de l'Education dite Nationale et sous le coup normal des commissions d'hygiène, de sécurité, etc. Que fait donc ce deuxième chiffre dans ce rapport aujourd'hui, alors que toutes les dispositions ont été prises par la loi depuis trois ans pour éviter les "dérives sectaires" dans ce type d'école?

Oui, il faut attaquer les sectes, les vraies. Comme l'Eglise le fait à sa manière. Oui, il faut protéger les enfants, nous sommes les premiers à le dire. Mais il ne faut pas se tromper de combat!

et un commentaire du 24 mars par HV :


24 mars 2005
Les amalgames du rapport "anti-sectes"

... (remarqués ici par Lahire) sont dénoncés dans cet article de Liberté Politique par la présidente de l'association Créer son Ecole :

Vu la gravité des faits relevés par la (mission interministérielle) - satanisme, vampirisme, profanation de cimetières, néonazisme - on ne peut que s'étonner que ce rapport se permette d'associer ces dérives aux écoles indépendantes sans citer nommément aucun établissement ni leur imputer le moindre fait précis.

Cet amalgame honteux est-il une bourde, ou un ballon d'essai avant une campagne contre les écoles hors-contrat ? La mission étant instituée auprès du premier ministre, pourquoi ne pas le lui demander directement.
Texte et site de Lahire

9 avril 2005 à 09:12  
Anonymous Agence Française de Presse said...

Sectes : manifestations moindres mais plus diverses et complexes (rapport)

AFP, 22 mars 2005

[Texte intégral]

PARIS - Les manifestations de dérives sectaires ont été moins apparentes en 2004 mais ont gagné en diversité et complexité, estime la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) dans son rapport annuel publié mardi. "Sans être à l'abri de poussées délirantes imprévisibles, notre société paraît mieux protégée que d'autres des débordements", estime le président de la Miviludes Jean-Louis Langlais.


Evolution sociologique ou effet d'un nouveau dispositif institutionnel comme l'adoption des lois sur la bioéthique et celle sur les psychothérapies, "les manifestations de dérives majeures sont moins apparentes que naguère", indique le rapport. Il en veut pour preuve, par exemple, la décision du Mouvement raëlien de France, prise en août dernier, de s'abstenir désormais de faire la promotion du clonage pour se plier à la loi.


Le rapport met cette année l'accent sur le "risque sectaire", forcément difficile à appréhender et qui pèse particulièrement sur les mineurs. L'attention est portée d'abord sur les quelque 1.200 enfants instruits dans leurs familles et dont on peut estimer que 10 à 20% subirait une "instruction sectaire".


Parmi les évolutions récentes, le rapport met en exergue le développement de microstructures comme le groupe Néo-Phare (secte apocalyptique) dont le gourou Arnaud Mussy a été condamné en novembre dernier à trois ans d'emprisonnement avec sursis à Nantes, mais aussi un "essaimage" de sectes plus anciennes et plus connues comme les adeptes de Ron Hubbard ou de Moon. Leurs adeptes, remarque la Miviludes, "peuvent être amenés à diffuser aujourd'hui leurs enseignements sous d'autres formes et avec d'autres appellations".


Une autre évolution mise en évidence, celle du "réseau" : le groupe n'est souvent constitué que de quelques individus isolés mais rapprochés par une "théorie" thérapeutique ou psychothérapeutique. Il en est ainsi, remarque le rapport, des promoteurs d'un hallucinogène "naturel", l'ayahusca, ou encore des partisans des méthodes du Dr Hamer, guérisseur allemand qui voit dans toute maladie la manifestation d'un "choc psychique intense".

9 avril 2005 à 09:13  

Enregistrer un commentaire

<< Home